Au-delà de l’utérus : une vision globale de l’endométriose

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Par Franck & ÉmilieCofondateurs de Lymphatic Care
Au-delà de l’utérus : une vision globale de l’endométriose

L'endométriose est une affection gynécologique caractérisée par la présence de tissu semblable à l'endomètre en dehors de la cavité utérine. Cette maladie touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit entre 1,5 et 2,5 millions de femmes en France. Les symptômes incluent des douleurs pelviennes, des dysménorrhées sévères, des troubles digestifs et des troubles de la fertilité. L’impact psychologique est également important : les taux de dépression chez les femmes atteintes des douleurs pelviennes varient entre 25 et 40% (8). Cependant, l’impact psychologique et les troubles digestifs associés à l’endométriose sont souvent sous-estimés.

Prévalence et impact de l'endométriose en France

Le délai moyen entre l'apparition des premiers symptômes et le diagnostic est estimé à environ 7 ans, ce qui souligne la difficulté de détection précoce de cette maladie. Ce retard est dû en partie à une normalisation des douleurs menstruelles, mais aussi à la méconnaissance persistante de la maladie, y compris dans le milieu médical. Toutefois, des avancées en imagerie médicale (IRM pelvienne, échographie endovaginale spécialisée) permettent aujourd’hui de détecter plus finement certaines formes d’endométriose profonde. Il existe également des centres spécialisés et des professionnels formés (gynécologues, radiologues, gastro-entérologues…) capables d’affiner les diagnostics.

IRM pelvienne montrant un endométriome ovarien
IRM pelvienne montrant un endométriome ovarien : forme la plus courante d’endométriose, l’endométriome se manifeste par un kyste rempli de sang ancien. Il est facilement identifiable grâce à l’IRM ou à l’échographie spécialisée. Cette imagerie permet de repérer certaines lésions visibles, mais d’autres formes, plus profondes ou diffuses, restent parfois inaccessibles. Image des Dr Gwénaëlle Boivin- Le Pottier & Dr Eugénie Béraud

Récurrence et taux de guérison

Les taux de récidive de l'endométriose après traitement conservateur varient considérablement selon les études et les critères utilisés pour définir la récidive. Une étude (1) a rapporté un taux de récidive de 23,2 % à 2 ans après une chirurgie conservatrice. Ces chiffres témoignent d’une nécessité de stratégies thérapeutiques efficaces pour gérer durablement la maladie.

Endométriose et troubles digestifs : un lien sous-estimé

De nombreuses femmes atteintes d’endométriose présentent aussi des troubles digestifs récurrents : ballonnements, constipation, diarrhées, douleurs postprandiales… Ces symptômes s’expliquent en partie par la proximité anatomique entre l’utérus et le tube digestif, mais aussi par l’état inflammatoire chronique induit par la maladie, qui perturbe le microbiote intestinal.

Face à ces manifestations, des gastro-entérologues spécialisés proposent aujourd’hui des consultations dédiées à cette double problématique. Leur prise en charge peut inclure des examens comme l’endoscopie ou la coloscopie, afin de détecter d’éventuelles atteintes digestives liées à des lésions d’endométriose. En parallèle, certaines approches complémentaires peuvent aider à atténuer les symptômes : modifications alimentaires (réduction du gluten, des produits laitiers ou des aliments pro-inflammatoires), phytothérapie (curcuma, plantes à action hormonale), micronutrition (oméga-3, magnésium)… Toujours sous encadrement médical, ces outils participent à une gestion plus globale de la maladie.

Le rôle encore méconnu du système lymphatique

Par ailleurs, plusieurs travaux de recherche suggèrent que le système lymphatique pourrait intervenir dans la diffusion de cellules endométriosiques vers des zones éloignées de l’utérus, notamment digestives ou abdominales. Ce réseau, essentiel à la circulation des fluides et à l’équilibre immunitaire, reste encore peu exploré dans le cadre de l’endométriose.

Cela ne remet pas en cause l’intérêt du drainage lymphatique manuel (DLM), bien au contraire. Le DLM est une technique douce, superficielle et non invasive, qui n’interfère pas avec les mécanismes internes profonds ni ne mobilise activement les cellules impliquées dans la maladie. Lorsqu’il est pratiqué par un professionnel formé, en dehors des phases inflammatoires aiguës, il peut au contraire accompagner les femmes vers un meilleur confort, en soutenant la circulation, en réduisant les tensions et en favorisant l’élimination des déchets tissulaires. Mieux comprendre le rôle du système lymphatique dans l’évolution de la maladie permet ainsi d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion et de mieux orienter les soins complémentaires.

Drainage lymphatique manuel (DLM) comme approche thérapeutique

Dans ce contexte, où le rôle du système lymphatique dans l’évolution de l’endométriose commence à être mieux compris, le DLM apparaît comme une piste intéressante à explorer. Le DLM est une technique douce, non invasive, reconnue pour ses effets positifs sur la circulation des fluides, la réduction de l’inflammation et le soulagement des tensions. Concernant l’endométriose, les études portant spécifiquement sur le DLM restent encore limitées. Cela ne signifie pas pour autant qu’il soit contre-indiqué. Bien au contraire : lorsqu’il est pratiqué par un professionnel formé, il peut tout à fait s’intégrer dans une approche globale du bien-être.

Dans un essai clinique randomisé publié en 2023, Muñoz-Gómez et al. ont évalué l'efficacité d’un protocole de thérapie manuelle chez des femmes atteintes d’endométriose souffrant de douleurs pelviennes chroniques.

Au-delà de l’utérus : une vision globale de l’endométriose

Bien qu’il ne s’agisse pas de drainage lymphatique manuel à proprement parler, cette étude souligne que des techniques de massage pelvien et de relâchement tissulaire peuvent avoir un impact positif sur les symptômes liés à l’endométriose.

Il est d’ailleurs recommandé d’effectuer les séances en période de rémission, lorsque les tissus sont plus réceptifs et moins sensibles. À ce moment-là, le drainage peut aider à soulager les douleurs, à améliorer la circulation lymphatique et à favoriser un meilleur confort corporel.

Le DLM, par son action superficielle et non invasive, vise à soutenir la circulation des liquides, à diminuer l’inflammation et à apporter un soulagement général. Il ne crée pas de nouveaux vaisseaux lymphatiques et ne mobilise pas activement les cellules pathogènes. Lorsqu’il est réalisé en dehors des crises aiguës par un praticien formé, il peut s’inscrire comme une technique pertinente dans l'accompagnement des femmes atteintes d’endométriose.

Conclusion

Si l’endométriose reste une affection multifactorielle et encore trop souvent mal comprise, le rôle du système lymphatique dans sa progression ouvre une voie de réflexion prometteuse. En complément des traitements médicaux, des approches comme le drainage lymphatique manuel, une alimentation adaptée, la phytothérapie et un suivi digestif permettent une vision plus globale et personnalisée.

Mieux comprendre ces liens, c’est offrir aux patientes de nouvelles clés pour apaiser leurs symptômes et reprendre le pouvoir sur leur santé.

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Les auteursFranck & ÉmilieCofondateurs de Lymphatic Care et à l’origine du protocole de soin du réseau.

Sources

1. Ngernprom, P., Klangsin, S., Suwanrath, C., & Peeyananjarassri, K. (2023). Risk factors for recurrent endometriosis after conservative surgery in a quaternary care center in southern Thailand. PloS One, 18(8), e0289832. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0289832

2. Jerman, L. F., & Hey-Cunningham, A. J. (2015). The role of the lymphatic system in endometriosis : A comprehensive review of the literature. Biology of Reproduction, 92(3), 64. https://doi.org/10.1095/biolreprod.114.124313

3. Berbic, M., Ng, C. H. M., Black, K., Markham, R., Russell, P., Basten, A., Fraser, I. S., & Hey-Cunningham, A. J. (2013). A novel pilot study of endometrial stromal cells and immune cell populations in sentinel uterine-draining lymph nodes during the menstrual cycle and in endometriosis. Reproductive Sciences (Thousand Oaks, Calif.), 20(11), 1339-1348. https://doi.org/10.1177/1933719113485298

4. Keichel, S., Barcena de Arellano, M.-L., Reichelt, U., Riedlinger, W. F. J., Schneider, A., Köhler, C., & Mechsner, S. (2011). Lymphangiogenesis in deep infiltrating endometriosis. Human Reproduction (Oxford, England), 26(10), 2713-2720. https://doi.org/10.1093/humrep/der230

5. Quelle est la fréquence de l’endométriose ? • Fondation pour la Recherche sur l’Endométriose. (2022, mai 6). https://www.fondation-endometriose.org/endometriose/definition/frequence/

6. Endométriose : Contre la douleur, l’activité physique est un traitement efficace. (2023, février 15). https://www.lemonde.fr/sciences/article/2023/02/15/endometriose-contre-la-douleur-l-activite-physique-est-un-traitement-efficace_6161920_1650684.html

7. Soulager l’endométriose—Les pharma-formations de Mathilde. (2023, décembre 6). 3S Santé. https://www.3ssante.com/les-pharma-formations-de-mathilde-soulager-endometriose/

8. Romão AP, Gorayeb R, Romão GS, et al. High levels of anxiety and depression have a negative effect on quality of life of women with chronic pelvic pain. Int J Clin Pract 2009; 63: 707–711.

9. Muñoz-Gómez et al. Effectiveness of a Manual Therapy Protocol in Women with Pelvic Pain Due to Endometriosis, Journal of Clinical Medicine, 12(9), 3310.

Le drainage lymphatique pratiqué chez Lymphatic Care est un soin de bien-être non conventionné. Cet article a une visée informative et ne se substitue pas à un avis ou à un traitement médical.

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