L'insuffisance veineuse se caractérise par une difficulté du retour veineux, souvent au niveau des membres inférieurs. Cette insuffisance peut entraîner une stagnation sanguine, une augmentation de la pression intraveineuse, ce qui se traduit par divers symptômes cliniques. Bien que souvent sous-estimée, cette affection affecterai près de 20 millions de personnes en France, soit près de 30 % des adultes, avec une prédominance féminine.
Définition et physiopathologie

Le retour veineux désigne le processus physiologique par lequel le sang désoxygéné emprunte le réseau veineux pour regagner l'oreillette droite du cœur. Une fois au niveau cardiaque, le sang est acheminé vers les poumons pour être réoxygéné avant d'être renvoyé dans la circulation artérielle. Ce mécanisme repose sur plusieurs forces complémentaires : la pression veineuse basse, les pompes musculaire et respiratoire, le rôle des valvules veineuses anti-reflux et la succion cardiaque lors de la systole. Ensemble, ces composantes assurent un flux sanguin unidirectionnel et préviennent la stagnation veineuse.

L'insuffisance veineuse résulte principalement de l'insuffisance valvulaire et de la dysfonction de la pompe musculo-veineuse. Les valvules veineuses, chargées de prévenir le reflux, deviennent défaillantes, tandis que la dilatation veineuse contribue au ralentissement du flux sanguin.
Facteurs de risque
Plusieurs éléments peuvent compromettre le retour veineux et favoriser l’apparition de l’IVC. Avec l’âge, les parois veineuses s’affaiblissent et leur élasticité diminue, ce qui explique la prévalence accrue après 50 ans. Les femmes sont plus exposées, notamment en raison des fluctuations hormonales liées aux cycles menstruels et à la grossesse. L’excès de poids et la sédentarité, tout comme la station debout prolongée, augmentent la charge exercée sur le réseau veineux. Par ailleurs, le tabagisme peut aggraver la dysfonction valvulaire et perturber la circulation veineuse.
Les manifestations cliniques de l’insuffisance veineuse incluent le plus souvent : lourdeurs, œdèmes, sensation de brûlure, varicosités et ulcères veineux.
Varicosités, varices et ulcères veineux : quelle différence ?
Dans le cadre de l’insuffisance veineuse, on distingue plusieurs stades :
- Les varicosités sont des fines dilatations de la microcirculation superficielle, visibles sous forme de maillages rouges ou bleutés, généralement asymptomatiques.
- Les varices sont la même chose que les varicosités mais plus profondes et plus grosses. Ce sont des veines superficielles dilatées, tortueuses, à l’origine de lourdeurs, œdèmes et douleurs.
- Les ulcères veineux sont des plaies chroniques survenant en contexte de stase veineuse prolongée, caractérisées par une perte de substance cutanée, un érythème périphérique et un risque infectieux.

Faire la distinction entre ces trois niveaux de sévérité permet d’ajuster le diagnostic, le suivi et la prise en charge.
Prise en charge
Le traitement de l’insuffisance veineuse repose sur :
- L’élévation régulière des jambes, le port de bas ou collants de contention et la pratique d’exercices physiques ciblés (marche, vélo) pour activer la pompe musculaire.
- Lorsque les symptômes persistent ou que le reflux veineux est confirmé, les thérapies endoveineuses peuvent être utilisées. Il existe des techniques peu invasives comme la thermoablation (laser endoveineux, radiofréquence) ou la sclérothérapie écho-guidée pour traiter les troncs veineux pathologiques.
- En cas de récidive ou de formes étendues, des interventions chirurgicales (ligature, stripping, méthode CHIVA) peuvent éradiquer le reflux et prévenir les complications.
- Enfin, le drainage lymphatique manuel (DLM) : intégré à la thérapie décongestive peut améliorer l’élimination des œdèmes et optimiser la cicatrisation des ulcères veineux, comme le montrent plusieurs études cliniques.
Apports du drainage lymphatique manuel (DLM)
Plusieurs études montrent que le DLM, souvent intégré à une thérapie décongestive, peut aider à soulager les symptômes d’insuffisance veineuse.

Une étude portugaise (2), menée sur 41 patients atteints d’une maladie veineuse chronique, a démontré que le DLM augmente le flux sanguin dans la veine fémorale et la grande saphène (veine superficielle du membre inférieure dont l’insuffisance est le plus couramment à l’origine des varices).
Une autre étude indienne (3) a été menée sur 196 patients dont 38 présentant des ulcères veineux. Ils ont bénéficié de séances de DLM pendant 6 mois. Ces séances ont permis une réduction de 65% de l’œdème, une accélération de la cicatrisation des plaies et une amélioration (qui reste subjective) de leur qualité de vie.
Conclusion
Repérer les signes d’une insuffisance veineuse est essentiel pour adapter la prise en charge et prévenir l’aggravation des lésions. Dans ce cadre, le drainage lymphatique manuel reste une option intéressante : il favoriserait l’élimination des œdèmes, stimulerait le retour veineux et en accélérerait la cicatrisation. Ce massage complèterait donc idéalement les thérapies généralement prescrites pour offrir aux patient·e·s un certain confort et limiter le risque de complications.
Sources
1. Définitions et épidémiologie de la maladie variqueuse | La Revue du Praticien. (s. d.). Consulté 16 juillet 2025, à l’adresse https://www.larevuedupraticien.fr/article/definitions-et-epidemiologie-de-la-maladie-variqueuse
2. Dos Santos Crisóstomo, R. S., Candeias, M. S., Ribeiro, A. M. M., da Luz Belo Martins, C., & Armada-da-Silva, P. A. (2014). Manual lymphatic drainage in chronic venous disease : A duplex ultrasound study. Phlebology, 29(10), 667-676. https://doi.org/10.1177/0268355513502787
3. Samuel, V., Premkumar, P., Selvaraj, D., Kota, A. A., John, J. M., & Stephen, E. (2018). Manual Lymphatic Drainage in Chronic Venous Disease : A Forgotten Weapon in our Armory. Indian Journal of Vascular and Endovascular Surgery, 5(4), 266. https://doi.org/10.4103/ijves.ijves_58_18
Le drainage lymphatique pratiqué chez Lymphatic Care est un soin de bien-être non conventionné. Cet article a une visée informative et ne se substitue pas à un avis ou à un traitement médical.
